Blue Music Tools | Histoire du Blues

Accessoires pour Guitaristes - Histoire du BluesHistoire du Blues

Né des chants de travail et des chants religieux (gospel) des populations afro-américaines, le "Blues" est une forme musicale vocale et instrumentale. C'est un style où le chant exprime la tristesse et les affres de l'existence. C'est de ce style musicale que l'expression "avoir le Blues" est née. Le "Blues" a influencé de façon durable la musique populaire américaine et de nombreux styles musicaux en sont profondément imprégnés tels que le Jazz, le Rhythm n' Blues, le Rock n' Roll, le Hard Rock, la musique Country, la Soul, la Pop et même la musique Classique.

Le terme "Blues" est extrait de l'expression anglaise "Blue Devils", "Diables Bleus" si l'on traduit mot pour mot, mais qui signifie réellement "idées noires". Cette référence au diable et à l'amour que l'on peut parfois lui porter, renferme une dimension spirituelle (du latin "spiritus" - esprit) c'est-à-dire une dimension non palpable qui relève de "l'idée" d'où "idées noires". Avoir un "coup de Blues" c'est broyer du noir, autrement dit c'est avoir un moment de déprime. Le "Blues" exprime donc cet état émotionel à travers sa fameuse "Note Bleue" ou "Blue Note". Celle-ci, dans les gammes de "Blues", issues elles-mêmes des gammes pentatoniques, est selon les avis la quarte augmentée de la tonalité principale du morceau. Sa sonorité particulière est la caractéristique principale du "Blues". Mais James Lincoln Collier, dans "L'Aventure du Jazz" explique que la "Blue Note" est une note à part entière "hors du ton" - ni diminuée, ni augmentée et qu'elle remplace la tierce et la septième de la gamme diatonique et non la quarte. Elle tire probablement son origine de la musique africaine dans laquelle le tempérament n'existait pas. Elle fut probablement introduite au balbutiement du "Blues" par les esclaves noirs américains. Ainsi, il faudrait donc vendre son âme au diable pour pouvoir jouer et trouver la "Blue Note". Le musicien tente d'accompagner et de suivre la complainte du chanteur.
L'une des plus anciennes références au "Blues" se retrouve dans une farce de George Colman le Jeune, Blue devils, a farce in one act (1798). Plus tard, au cours du XIXéme siècle, l'expression était employée comme euphémisme pour désigner le delirium tremens ou la police. On retrouve l'expression dans la musique noire américaine aux environs de 1912 à Memphis Tennessee dans le morceau de William Christopher Handy "Memphis Blues". Dans les paroles, le mot "Blues" exprime un état d'âme mélancolique.

En fait, on sait peu de choses des origines exactes du "Blues". Il est difficile de dater précisément ses origines en grande partie parce que ce style a évolué sur une longue période et existait avant d'être baptisé "Blues". En 1901, un archéologue du Mississippi a décrit les chansons des ouvriers et esclaves noirs comme reposant sur des thèmes et des éléments techniques de ce qui caractérise le "Blues".

L'origine directe du "Blues" vient du "Negro Spiritual", une forme de chants religieux. On y retrouve d'ailleurs d'une certaine façon l'expression "Idée Noires" évoquée plus haut. D'abord avec la dimension spirituelle (Spiritual) et ensuite, avec le "Noir" contenu dans le mot "Negro". Les "Negro Spirituals" étaient une forme de chansons évoquants ce même sentiment de pauvreté et de déracinement que dans le "Blues". En dépit de quelques différences, ces deux styles musicaux sont d'ailleurs si semblables qu'ils se confondent facilemet.

En dehors des chants religieux, les chansons de travail afro-américaines ont été de façon significatives à l'origine du "Blues" moderne. Celles-ci comprenaient les chansons des stevedores (dockers), des hommes à tout faire et des esclaves. Il y a peu de caractéristiques communes à tous les styles de "Blues", car ce genre de musique repose avant tout sur des performances individuelles et donc ce que cela comporte comme particularités. Cependant, certaines caractéristiques ont marqué la période qui a précédé la création du "Blues" moderne, et elle se retrouvent dans la plupart des musiques afro-américaine. Dans sa forme initiale, le "Blues" était un style qui s'exprimait à travers des dialogues musicaux ("call and response") sans accompagnement ou harmonie et qui n'était pas limité par une structure technique particulière. Cette musique de l'avant "Blues" est née des chants des travailleurs noirs américains qui exprimaient ainsi les émotions simples de leur vie quotidienne et de leur condition d'esclaves.

La Kora ou Cora, instrument à 21 cordes est un mélange de harpe et de luth utilisé par le peuple Mandingue en Afrique de l'Ouest. Ainsi de nombreux instuments et d'éléments représentatifs du "Blues" trouvent leur origine dans la musique africaine. L'historienne sénégalaise, Sylviane Diouf a mis en évidences plusieurs traits spécifiques, comme l'utilisation de mélismes, d'une intonation onduleuse et nasale qui font le lien entre la musique orientale d'Afrique centrale et occidentale et le "Blues". Le compositeur afro-américain William Christopher Handy à écrit dans son autobiographie que, dormant dans un train, il avait été réveillé par "un homme noir tout maigre, qui avait commencé à jouer de la guitare près de lui alors qu'il dormait. Ses vêtements étaient des chiffons. Son visage portait la tristesse des âges. Pendant qu'il jouait, il a appuyé un couteau sur les cordes de la guitare. L'effet était inoubliable. C'était la musique la plus étrange qu'il avais jamais entendue". Les racines musulmanes et africaines de certains éléments du "Blues" sont décrites par des auteurs comme le chercheur Paul Oliver et l'ethnomusicologue Gerhard Kubik, qui expliquent que l'utilisation de la technique du couteau, dont avait été témoin William Christopher Handy, se retrouve dans les cultures d'Afrique centrale et occidentale, dans des régions où l'islam est puissant et où la Kora est souvent l'instrument à corde privilégié.

Les plus anciennes formes de "Blues" sont originaires du sud des états-Unis et date de la fin du XIXème siècle et du début du XXème siècle. Ces formes étaient le plus souvent orales, accompagnées parfois par un rythme donné par des instruments rudimentaires. C'est principalement dans les champs de coton de la région du delta du Mississippi (entre Senatobia et Clarksdale) que ces formes prennent des tours de plus en plus complexes. L'une des formes antérieures au "Blues" est le "Fife and Drums" joué dans la Hill Country, région du Mississippi. Il s'agit d'un ensemble de percussions guidé par un fifre en bambou. Il y eu d'autres formes de "Blues" avec des instruments rudimentaires, le "Diddley Bow", une corde fixée sur une planche, le "Jug" cruchon en terre dans lequel on soufflait. Puis le "Blues" a évolué avec des instruments simples, tels que la guitare acoustique, le piano et l'harmonica. La légende raconte que le guitariste Bluesman, Robert Johnson, aurait signé un pacte avec le diable ce qui lui aurait permis de devenir un virtuose du "Blues". Cependant, Robert Johnson ne serait pas le premier à avoir raconté cette histoire, c'est un autre Bluesman, Tommy Jonhson, auteur du morceau "Canned heat", qui en serait à l'origine. WC Handy fut l'un des premiers musiciens à reprendre des airs de "Blues", à les arranger et les faire interpréter par des chanteurs avec orchestres. Il fut également l'auteur de morceaux parmi les plus célèbres, tel le fameux "Saint Louis Blues". Du point de vue des textes, les premiers "Blues" consistaient souvent à faire tourner un même cers plusieurs fois d'affilée.
1920/1930, naissance de l'industrie du disque et avec elle la popularité de chanteurs et de guitaristes connues un envol spectaculaire. Leurs enregistrements destinés principalement au public afro-américain furent surnommés "Race Records" (musique raciale). A cette époque, des chanteuses de "Classic Blues" furent également très populaires.

Après la Seconde Guerre mondiale, l'utilisation des amplificateurs pour la guitare et l'harmonica conduisirent à un "Blues" plus électrique à l'instar du "Chicago Blues" et d'artistes tels que Howlin' Wolf et Muddy Waters. C'est sur ce "Blues" électrique que s'appuiera une partie du Rock. Vers la fin des années 1940 et pendant les années 1950, les noirs américains ont déménagé vers les villes industrialisées du nord comme Chicago et Détroit, pour y trouver du travail. A Chicago, Détroit ou encore Kansas City, un nouveau style de "Blues électrique" émergea utilisant la voix, la guitare électrique, la basse électrique, la batterie et l'harmonica amplifié avec un micro et un ampli. J. T. Brown, qui jouait avec les groupes d'Elmore James et J.B. Lenoir introduisit également le saxophone plutôt comme instrument d'accompagnement qu'instrument soliste. Le "Blues Urbain" de Chicago tirait ses influences du "Mississippi Blues" d'où venaient des musiciens comme Howlin' Wolf, Muddy Waters, Willie Dixon et Jimmy Reed. Muddy Waters, Elmore James et Homesick James jouaient de la guitare électrique avec un "slide" ou "bottle neck". Cette technique consiste à jouer les notes sur le manche en posant un bout de métal ou un goulot de bouteille sur les cordes. Les chanteurs Howlin' Wolf et Muddy Waters marquèrent le "Blues" de leurs voix rauques et fortes. Le contrebassiste, compositeur et chercheur de talents Willie Dixon a eu un grand impact sur l'environnement musical de Chicago. Ses chansons comme "Hoochie Coochie Man" ou "I Just Want to Make Love to You" (écrite pour Muddy Waters), " Wang Dang Doodle" (pour Koko Taylor et "Back Door Man" (pour Howlin' Wolf) sont devenus des standards du "Blues". Le "Blues" urbain des années 1950 a eu un grand impact sur la musique populaire et des musiciens comme Bo Diddley et Chuck Berry. Aussi, le "Urban Blues" des années 1950 influença la musique de Louisiane. Les musiciens comme T-Bone Walker (de Dallas) étaient, quant à eux, plutôt associés au "Blues" de Californie, plus "smooth" que le "Blues" de Chicago. Le "Blues" de John Lee Hooker se détachait du "Blues" de Chicago par son esprit plus individualiste.
A la fin des années 1950, le "Swamp Blues" fit son apparition près de Baton Rouge avec des artistes comme Slim Harpo, Lazy Lester, Sam Myers et Jerry Mc Cain. Le "Swamp Blues", plus lent développe un jeu d'harmonica plus simple que celui du "Chicago Blues".
Le "Jump Blues", autre développement du "Blues" de cette période est une forme hybride et populaire du "Swing" et du "Blues", mettant en vedette des chansons "up-tempo" orchestrées pour des big bands. Le musicien de "Jump Blues" ayant le plus influencé la musique populaire fut Big Joe Turner, qui a notamment enregistré la version originale de "Shake, Rattle and Roll".

Dans les années 1960, les courants musicaux influencés par le "Blues" ou créés par les noirs américains, comme le "Rock n' Roll" et la "Soul" sont devenus très populaires. Les musiciens blancs ont popularisé de nombreux courants et styles musicaux issus de la musique noire américaine.
Dès 1960, une nouvelle génération de Bluesmen émergea en Europe et en particulier en Angleterre. Les principaux acteurs de ce que l'on appella alors le "British Blues Boom" furent The Yardbirds, The Bluesbreakers, The Animals, Fleetwood Mac (1ère période avec Peter Green) ou encore The Chicken Shack. De nombreuses stars de la Pop et du Rock à venir telles que Jimmy Page, Eric Clapton ou Jeff Beck (tous trois membres successivement des Yardbirds) sont issues de ce mouvement. Il ne faut pas oublier les groupes mythiques : The Rolling Stones, The Doors, The Pretty Things, Them, Ten Years After, The Small Faces, Alexis Korner, The Kinks,… Ces groupes de "Blues" européens et surtout anglais ont influencé d'autres artistes aux états-Unis, qui ont à leur tour mélangé le "Blues" et le "Rock" : Canned Heat, Janis Joplin, Johnny Winter, The J. Geils Band, Ry Cooder et le génis incontesté de la guitare électrique : Jimi Hendrix.
A la fin des années 1960, le style "West Side Blues" fut créé à Chicago. Le "West Side Blues" de Albert King, Buddy Guy et Luther Allison était caractérisé par une forte présence de la guitare électrique. Aux états-Unis, les guitaristes et chanteurs B.B. King, John Lee Hooker, et Muddy Waters se présentaient encore sur scène et leurs performances ont inspiré une nouvelle génération de musiciens, comme le New-Yorkais Taj Mahal.
L'ère des "Civil Rights" a favorisé la création de chansons engagées abordants des thèmes tels le racisme ou la guerre du Viêt-Nam. Bob Dylan, Janis Joplin ou Jimi Hendrix, tous influencés à la fois par le "Blues" traditionnel et le "Blues Electrique" furent les en quelque sorte les ambassadeurs de cette musique qu'il portèrent aux oreilles du jeune public de l'époque. L'interprétation que les artistes de cette génération donnèrent au "Blues" eu plus tard une influence très forte sur le développement du "Rock".

De 1980 à nos jours le "Blues", sous toute ses formes, a continué d'évoluer à travers le travail de nombreux musiciens de Robert Cray à Ry Cooder en passant par Keb 'Mo', Ali Farka Touré et bien d'autres.
Le style "Texas Rock Blues" créé dans les années 1980, mélange les guitares solo et d'accompagnement en même temps. Le style Texas a été fortement influencé par le "Blues Rock" anglais. L'un des maîtres du "Texas Blues" fut Stevie Ray Vaughan, mais on retrouve ce courant chez The Fabulous Thunderbirds ou encore ZZ Top.
C'est aussi dans les années 1980 que John Lee Hooker retrouva sa popularité, grâce notamment, à ses collaborations avec Carlos Santana (The healer), Miles Davis, Robert Cray et Bonnie Raitt. On retrouve également BB King sur un album de U2.
Dans les années 1990, après une traversée du désert, Eric Clapton retrouva également la gloire avec son album acoustique "Unplugged" où il intérprète quelques bon "Blues" traditionnels.

Structures musicales du "Blues"
Le "Blues" repose principalement sur trois éléments : un rythme ternaire syncopé, une harmonie en I - IV - V (les notes "tonales" de la tonalité, connues depuis les grecs antiques) et une mélodie développée à partir des gammes de "Blues" comprenant donc la fameuse "Blue Note". Le "Blues" ayant eu une influence sur de nombreux styles musicaux, on y retrouve donc logiquement dans des proportions variables l'un ou plusieurs de ces éléments. En dehors de ces caractéristiques techniques, le "Blues" véhicule un sentiment de tristesse ou de mélancolie, voir pour revenir au sources, les fameuses "Idées Noires".

Le "Blues" traditionnel est écrit à partir de 3 accords répètés sur douze mesures. On parle alors de "12 bar Blues". Ces accords, désignés par les chiffres romains I - IV - V, sont les premiers, quatrième et cinquième accords de la gamme majeure correspondant à la tonalité du morceau. Les sonorités les plus communément employées sont les accords de septième. Dans ses formes un peu plus élaborées, le "Blues" recourt fréquemment à des accords de neuvième, voire à d'autres types d'accords.



La structure la plus simple suit généralement la forme suivante :


Structure d'une grille de Blues

Ce qui pour un "Blues" en La donnerait par exemple :


Grille de Blues en La


La variation introduite à la seconde mesure (à l'accord IV) s'appelle un "Quick Change" ou "changement rapide". Cette structure dépouillée permet de souligner l'interprétation et de laisser une large place à l'improvisation et aux chorus (solos).




Les gammes de "Blues" traditionnelle sont issue des gammes pentatoniques mineures et majeurs auxquelles on a simplement ajouté une note. Mais c'est la note qui change tout et qui donne cette coloration caractéristique au "Blues", la "Blue Note". Cette dernière est la quinte diminuée. Certains auteurs, notamment Le Roi Jones dans son livre Le Peuple "Blues", avancent la théorie que ce serait là une tentative d'adaptation d'une gamme propre à la musique traditionnelle africaine. Les 5 + 1 notes de la gamme "Blues" sont donc : T + 1,5 + 1 + 0,5 (blue note) + 0,5 + 1,5 (+ T). E.g. en Do: Do - Mib - Fa - Solb (blue note) - Sol - Sib (- Do). Etant donné que l'on parle de quinte diminuée, il ne faut donc pas parler de Fa# mais de Sol bémol : do-fa# étant une quarte augmentée. Toutefois, il s'agit de la même note, il s'agit ici uniquement d'une norme d'écriture mais qu'il est préférable de respecter pour mieux ce faire comprendre par les autres musiciens. Dans les gammes pentatoniques majeures la "Blue Note" n'est plus la quinte diminuée. En fait, il y a deux notes bleues par mode. Ce sont la tierce mineure et la septième mineure. Pour Do : do - ré - mib - fa - sol - la - sib. La fonction harmonique reste majeure malgré ces deux intervalles mineurs et c'est ce qui donne la couleur du "Blues". Si l'on joue la pentatonique majeure sur la tierce mineure on obtient effectivement ces notes bleues. Toujours pour Do : mib - fa - sol - sib - do. La quinte diminuée, en l'occurrence le Fa# est une "Passing Note" mais n'est pas une "Blue Note". La plupart des "Blues" sont en modes majeurs pour l'accompagnement alors que les mélodies sont chantées sur la gamme pentatonique mineur et intègrent la note bleue. Il existe cependant des standards du "Blues" en mineur.

Bien que le "Blues" puisse être interprété sur tout type d'instrument, certains sont traditionnellement plus utilisés que d'autres : la guitare acoustique pour le "Blues" traditionnel ou la guitare électrique qui fit son apparition dans le "Blues" dans les années 1950 et qui lmui apporta notamment la distortion. L'harmonica acoustique ou amplifié à travers un micro et un ampli. Le piano et autres instruments à clavier comme l'orgue Hammond (années 1960 et 1970) ou le piano électrique (à partir des années 1970).

Au sens large, le timbre est la "couleur" du son : même s'ils jouent les mêmes notes, une guitare ou un saxophone se distinguent par leur timbre. Cela est également vrai d'un être humain à l'autre. On a coutume de dire que les chanteurs classiques essaient d'imiter les instruments, alors que les instruments de "Blues" essaient d'imiter la voix humaine. Les Bluesmen ont beaucoup exploré le timbre : ils ont notamment été les premiers, pendant les 1950, à employer des amplificateurs pour la guitare et l'harmonica. Les voix fortes et graves de chanteurs comme Howlin' Wolf et Muddy Waters jouent également beaucoup sur le timbre. La technologie et les effets de mode ont plus tard ajouté d'autres éléments au son "Blues", comme les guitares dirty et saturées des Rolling Stones ou d'Eric Clapton ou les effets psychédéliques employés, entre autres, par Jimi Hendrix : le feedback, la distorsion style "Fuzz" ou des effets plus étranges encore comme "l'effet leslie" ou "UniVibe", constitué d'un haut-parleur en rotation.

Le vibrato est un effet appliqué à une note de musique. Très employé notamment par les musiciens de "Blues", cet effet consiste à provoquer une variation rapide de la hauteur de la note. Comme tous les effets de nuance, le vibrato apporte une expressivité particulière selon la façon dont il est effectué : vite ou lentement, de façon fluide ou saccadée. Le vibrato est un élément essentiel du son "Blues", que cela soit pour les voix ou sur des instruments tels que la guitare. Pour cette dernière, divers moyens ont été utilisés depuis BB King, surtout les moyens mécaniques qui modifient légèrement la longueur de la corde vibrante. Plusieurs techniques existent donc, qui donnent chacune des effets sonores légèrement différents : faire vibrer les doigts de la main gauche ou le manche de la guitare lui-même, ou encore en déplaçant le chevalet à l'aide d'un petit levier appelé tige de vibrato. à partir des années 1960, les musiciens de "Blues Rock" utilisèrent également des moyens électroniques, comme la pédale wah-wah ou l'effet Larsen (feedback) finement maîtrisé. Plus récemment, les musiciens de "Blues" ont commencé à utiliser des techniques numériques pour créer du vibrato, comme les boîtiers programmables équipés de processeurs de traitement du signal, qui permettent de paramétrer aussi bien le timbre que l'attaque ou le vibrato. Les instruments principaux sont les instruments à cordes (la basse, la guitare, steel guitare, la contrebasse, le violoncelle, l'alto, le violon) mais également le saxophone, l'harmonica, la batterie, lap steel, le bottleneck et le piano.

L'influence du "Blues" sur le "Rock" et ses dérivés est indéniable et s'est renforcée au cours des décennies passées. Le "Rock n' Roll" est véritablement né du "Blues", d'une mélange, fin des années 40, avec des musiques "blanches" telle la "Country Music". Au départ, la différence entre les deux styles est pour ainsi dire très subtile, au point que de nombreux morceaux peuvent être rangées dans les deux styles : le "Rock" originel est souvent un "Blues" joué sur un tempo plus rapide et avec un rythme binaire plutôt que ternaire. Ensuite, le "Rock" n'a pas nécessairement respecté la structure "Blues" en I - IV - V. De nombreux artistes de "Rock" au début de ce mouvement musical ont commencés leur carrière par le "Blues" à l'instar de Ike Turner, Carl Perkins, Chuck Berry ou le "King" Elvis Presley. Ils n'ont d'ailleurs pas cessés de le jouer tout au long de leur carrière. Dans les décennies qui ont suivi, le "Blues" est resté l'une des principales sources d'inspiration des musiciens "Rock". Le "Rock" lui doit même en partie sa "renaissance" au début des années 60 grâce au mouvement "British Blues Boom". La quasi totalité des musiciens "Rock" à cette époque se sont profondément inspirés du "Blues". The Rolling Stones, Eric Clapton ou The Animals ont commencé par jouer exclusivement du "Blues" en tapant dans le répertoir de leur pair et en accélérant simplement le tempo des morceaux originaux, pratique connue à l'époque sous le nom de "Rave-Up". On retrouve ainsi de nombreux grands classiques du "Blues" quelques peu remaniés sur les albums de groupes très célèbres de l'époque même si on "oubliait" souvent d'en mentionner les véritables auteurs ! Ce fut souvent le cas des Stones avec des chansons comme Little Red Rooster, I'm a King Bee ou Love in Vain qui, aujourd'hui encore, leur sont attribuées à tort n'ayant rien fait de plus que de les arranger à la sauce "Richardienne". Ce phénomène qualifié de "pillage" se poursuit toujours avec de nombreux groupes oscillants entre le "Rock" et le "Blues". Il en va ainsi de Led Zeppelin dont les fondations de son répertoire sont le "Blues". Leur premier album éponyme était presque entièrement constitué de reprises de standards "Blues" bien que les membres du groupe soient cités comme les auteurs de tous les morceaux ! La vérité fort heureusement été en partie rétablie grâce aux procès perdus par le groupe. Il est d'ailleurs toujours plus bénéfique de rendre à Cézar ce qui lui appartient. Une autre des réussite les plus extraordinaires du "Rock" des seventies peut être cité : celle d'AC/DC. Un Groupe dont les racines viennent du "Blues". C'est au début des années 70, qu'AC/DC a repris de nombreux standards de "Blues" avant de se mettre à composer ses propres succès. Un titre comme "School days", un classique de Chuck Berry peut être écouté sur leur fameux album T.N.T. Mais au delà de la simple reprise de thèmes ou de standards, le "Blues" a eu une influence déterminante sur la manière de jouer la musique "Rock". Les guitaristes "Rock" utilisent ainsi très largement les techniques instrumentales et les gammes du "Blues". La très forte expressivité de ce style dejeu le rend en effet presque universel même dans des genres musicaux à priori sans rapport avec le "Blues" originel. L'influence du "Blues" n'est pas prète de s'arrêter et celle-ci est toujours omniprésente dans le "Rock" et cela de manière évidente chez des groupes tels que The White Stripes ou The Black Keys, dont il constitue une partie essentielle du répertoire.

En France, Benoit Blue Boy, Patrick Verbeke, Arthur Weisse, Bill Deraime, Fred Chapellier, Jean Sangally, Cisco Herzhaft ou Paul Personne représentent avec succès la richesse francophone du "Blues". On peut également noter la performance de l'harmoniciste Jean-Jacques Milteau qui est devenu une référence internationale dans ce domaine. Jean-Pierre Danel, avec son titre "NZ Girl Blues", seul single de "Blues" instrumental classé N°5 du Top 50 Français au printemps 2008 excelle dans ce genre. Il a notamment enregistré des duos de "Blues" acoustique avec Hank Marvin des Shadows et des reprises instrumentales de standards d'Eric Clapton ou de Bo Diddley, ainsi qu'une version de la célèbre chanson de notre "Johnny" national" : "Toute la musique que j'aime". Enfin, il est à noter que les groupes Bo Weavil et Little Victor & Sophie Kay perpetuent dans notre beau pays la tradition du "Blues Urbain" du début des années 1950 dans sa version la plus authentique.

Le "Blues" a également influencé des courants tels que la "Pop", la musique "Country" et même dans certaines œuvres, la musique "Classique".






cordes guitare